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Culture et patrimoine



Monuments et lieux touristiques


Une grande partie du patrimoine monumental de Cambrai a disparu au cours des siècles. C’est d’abord Charles-Quint qui, pour faire édifier une citadelle au Mont-des-BÅ“ufs, ordonne en 1543 la destruction de l’abbaye Saint-Géry de style gothique.
Pendant la Révolution française tous les édifices religieux de la ville sont vendus comme biens nationaux et détruits, dont l’ancienne cathédrale. Seules quatre églises, transformées en grenier, en hôpital, en Temple de la Raison ou en prison, sont épargnées.
Le démantèlement des fortifications, à partir de 1894, entraîne la disparition de nombreuses portes. Quelques-unes sont conservées grâce aux interventions de la société d’Émulation de la ville.
La Première Guerre mondiale est à nouveau responsable de destructions très importantes, l’armée allemande minant et incendiant le centre de la ville avant de faire retraite en septembre 1918: au total 1214 immeubles sont détruits, dont l’hôtel de ville reconstruit en style néoclasssique avant la Révolution.
Enfin à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, en avril 1944, puis encore en mai, en juillet et jusqu’au 11 août, Cambrai subit des bombardements alliés: au total 55% des immeubles sont sinistrés et 13% entièrement détruits.
Malgré ces destructions considérables la ville garde un patrimoine monumental important. Première commune du département du Nord à obtenir ce prestigieux label, Cambrai est classée Ville d’Art et d’Histoire depuis 1992.


La cathédrale Notre-Dame

La cathédrale Notre-Dame

Le carillon de l'hôtel de ville

Le carillon de l’hôtel de ville

Façade de la chapelle du Grand Séminaire, dite des Jésuites

Façade de la chapelle du Grand Séminaire, dite des Jésuites


La cathédrale Notre-Dame de Grâce, achevée en 1703 dans le style classique de l’époque, a remplacé après la Révolution de 1789 l’admirable cathédrale gothique du XII siècle dont il ne reste aucune trace sur l’actuelle Place Fénelon. L’abside renferme le tombeau monumental de Fénelon, chef-d’Å“uvre du sculpteur David d’Angers, et les croisillons du transept l’icône de Notre-Dame de Grâce ainsi que neuf grisailles réputées de Geeraerts d’Anvers. Les grandes orgues : l’instrument fut construit par la maison Pierre Schyven d’Ixelles en 1897. Après les épreuves de la guerre de 1914-1918, une importante restauration fut entreprise par le facteur d’orgue Auguste Convers qui porta l’instrument actuel à 49 jeux (3670 tuyaux).

Icône de détail Article détaillé : Cathédrale Notre-Dame de Grâce de Cambrai.


L’église Saint-Géry, autrefois abbatiale Saint-Aubert, est l’un des monuments historiques les plus anciens de Cambrai : l’ancienne cité romaine de Camaracum. Plusieurs fouilles archéologiques ont révélé les fils ténus mais réels qui la rattachent à l’époque gallo-romaine. Au cours des âges, l’édifice, comme tout corps qui grandit, a vu se greffer les styles roman, gothique, Renaissance et classique. Depuis 1000 ans, chaque époque a laissé son empreinte, sans parler des destructions par les incendies, et des blessures des guerres. Au V siècle, elle porte le nom de Saint-Pierre. Dagobert en fait une abbaye. Celle-ci traverse le millénaire dans la vie contemplative de ses religieux jusqu’à la bourrasque révolutionnaire. Une décennie plus tard, elle devient pour un temps, cathédrale et enfin église paroissiale Saint-Géry : évêque fondateur du diocèse de Cambrai. Elle renferme un remarquable jubé en marbre polychrome sculpté par le Cambrésien Jaspart Marsy ainsi qu’une Mise au tombeau du peintre Rubens de 1616, commande du chapitre métropolitain apportée à Cambrai par le maître lui-même. Les grandes orgues : l’instrument actuel a été construit par Merklin en 1867, et restauré en 1933 par le facteur d’orgue Jacquot. Il fut reconstruit en 1978 par René Godefroy, passant alors d’un style romantique à un style classique de type nordique du XVIII siècle. La composition est de 41 registres répartis sur 3 claviers.
La citadelle. Malgré son démantèlement au XIX siècle, la citadelle de Charles Quint conserve les galeries de contremine aujourd’hui ensevelies; la porte Royale et son pont-levis, flanquée à l’arrière de deux corps de garde et un arsenal du XVI siècle. Parmi les aménagements postérieurs, une poudrière, des logements pour officiers et une caserne « à l’épreuve des bombes » du XIX siècle sont également remarquables.
Le beffroi de Cambrai. Autrefois clocher de l’église Saint-Martin, le monument construit au XV siècle devient beffroi de Cambrai en 1550. Inscrit par l’UNESCO, au sein d’un groupe de 23 beffrois du nord de la France, comme extension des 30 beffrois belges inscrits en 1999 sous le nom de « Beffrois de Flandre et de Wallonie ».

Icône de détail Article détaillé : Beffroi de Cambrai.


L’hôtel de ville, entièrement restauré en 1932 s’ouvre sur la Grand’Place par une majestueuse façade de style grec, surmontée d’un campanile où deux sonneurs de bronze, géants et de type maure, frappent les heures sur une grosse cloche au-dessus de la grande horloge : ce sont Martin et Martine, les protecteurs de la cité. La salle des mariages renferme une série de fresques et peut se visiter sur demande.
Le château de Selles, ancien château fort, bâti au XI siècle, autrefois isolé par les eaux de l’Escaut a conservé ses tours et ses murailles et surtout des gaines enterrées dont les nombreux graffiti témoignent du désespoir des prisonniers enfermés sur ordre du comte-évêque.
La chapelle du Grand Séminaire appelée plus couramment chapelle «des jésuites», unique exemple, par sa façade somptueuse, de l’art baroque en France au Nord de Paris, fut achevée en 1692 et servit de prison au tribunal révolutionnaire voisin en 1794.Elle se visite sur demande et offre le spectacle de ses dix colonnes de granit et de ses multiples sculptures.
L’hôtel de Francqueville (XVIII siècle) abrite les riches collections du Musée de Cambrai, considérablement agrandi et rénové en 1994. Le plan en relief de la cité à la fin du XVII siècle constitue le point de départ indispensable des visites guidées de la ville.
La maison Espagnole, siège de l’Office de tourisme, dernière maison à pans de bois et à pignon sur rue de style régional, date de 1595. Les sculptures en chêne (chimères et cariatides) qui ornaient sa façade au XIX siècle sont exposées au premier étage à l’intérieur après avoir subi une sérieuse restauration. On visite ses caves médiévales.
Le marché couvert, construit après la seconde guerre mondiale, abrite des halles extrêmement animées les jours de marché.



Salles de spectacle et équipements culturels

Le théâtre de Cambrai, entre le Conservatoire national de Musique et d'Art dramatique et la chapelle de l'ancien Hôpital Saint-Julien

Le théâtre de Cambrai, entre le Conservatoire national de Musique et d’Art dramatique et la chapelle de l’ancien Hôpital Saint-Julien


Le théâtre de Cambrai, construit en 1924 par l’architecte Pierre Leprince-Ringuet sur l’emplacement d’une chapelle du XVI siècle détruite pendant la Première Guerre mondiale, était abandonné depuis 25 ans lorsque sa réhabilitation fut entreprise en 1999. Le théâtre rénové fut inauguré en 2003. C’est un théâtre à l’italienne de 700 places qui accueille des spectacles divers, notamment ceux de l’assocation « Scènes mitoyennes » et du festival de musique classique Juventus.
Le « Palais des grottes », situé dans le jardin public, est une salle polyvalente pouvant accueillir des concerts ou des expositions.
La bibliothèque de Cambrai possède un fonds ancien important, avec des ouvrages pouvant remonter jusqu’au VII siècle provenant des confiscations faites pendant l’époque révolutionnaire aux communautés religieuses, très importantes dans la ville. Dès 1975 elle a été l’un des premiers établissements à adopter l’appellation de « médiathèque ». Elle est répartie en quatre services: jeunesse, adultes, photothèque et histoire locale et livres anciens.

Espaces verts


Cambrai possède trois étoiles au classement des villes et villages fleuris.

Le kiosque à musique, dans le Jardin Monstrelet. Construit en 1867, il est l'un des plus anciens de France.

Le kiosque à musique, dans le Jardin Monstrelet. Construit en 1867, il est l’un des plus anciens de France.


Le jardin public actuel date du XIX siècle. Il est installé sur l’emplacement des anciennes fortifications qui ceinturaient la citadelle construite sous Charles Quint. Il se divise en trois jardins distincts mais contigus :

le jardin aux fleurs, dessiné par le paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, fut établi entre 1852 et 1865 sur 6 hectares ;
le jardin « Monstrelet » ainsi appelé parce qu’il abrite une statue d’Enguerrand de Monstrelet, chroniqueur du Moyen Âge qui fut prévôt de Cambrai;
le jardin des Grottes.
Les deux derniers, qui portent la superficie de l’ensemble à vingt-deux hectares, furent ajoutés après le démantèlement des fortifications, à la fin du XIX siècle.

Clubs et équipements sportifs


Cambrai compte plus de 100 clubs ou associations sportives, dont le Cambrai Hockey Club qui évolue en Championnat de France féminin de hockey sur gazon ainsi que l’équipe Cambrai Volley-Ball qui évolue en PRO B (2e division national).
Les installations incluent 6 gymnases, 2 piscines, l’Arsenal de Balagny, construit entre 1581 et 1595, abandonné par l’armée en 1967 et réhabilité en salle de gymnastique, une base de loisirs, un stade de hockey, un stade de rugby et de nombreux terrains de football, dont le stade de la Liberté, siège de l’Athlétic Club Cambrésien.

Personnages célèbres

Portrait posthume de Dumouriez par Jean-Sébastien Rouillard

Portrait posthume de Dumouriez par Jean-Sébastien Rouillard

Louis Blériot

Louis Blériot


Cambrai a vu naître quelques célébrités parmi lesquelles :

Baptiste Chambray (ou Cambray ?), tisserand du XIII siècle qui, le premier, a réalisé la toile de lin appelée la « toile de Batiste » (en anglais cambric).
Amé Bourdon (1636 ou 1638-1706), physicien et anatomiste;
Charles François Dumouriez (1739-1823), militaire et homme politique sous la Révolution française.
Samuel-Henri Berthoud (dit Sir Henry Berthoud) (1804-1891), romancier, donateur à la ville de Douai d’une remarquable collection ethnographique.
Charles Henri Joseph Cordier (1827-1905 Alger), sculpteur.
Jules Gosselet (1832-1916), géologue français.
Albert Babeau (1835-1914), historien français.
Charles Lamy (1848-1914), linguiste picard et poète patoisant.
Émile Joseph Carlier (1849, décédé à Paris en 1927), sculpteur.
Auguste Dorchain, (1857, décédé à Paris en 1930), poète.
Louis Blériot (1872-1936), industriel et pilote.
Henri de Lubac (1896-1991), théologien catholique et prélat.
Pierre-Eugène Clairin (1897-1980), lithographe.
Julien Torma (1902-1933), écrivain, dramaturge et poète.
René Dumont (1904-2001), ingénieur agronome, sociologue et fondateur de l’écologie politique.
Artür Harfaux, (1906-1955), photographe.
Maurice Henry (1907 - Milan 1984), poète, peintre, dessinateur et cinéaste français.
Maurice Godelier (né en 1934), anthropologue.
Jean-Pierre Destrumelle (1941-2002), joueur et entraîneur de football.
Jean-Sylvain Bieth, (1955), plasticien.
Sonia Dubois, née Parent (1963), animatrice de télévision et comédienne.
Christian Carion (né en 1963), réalisateur.
Charles Pennequin (1965), poète.
Loïc Attely (né en 1977), escrimeur (fleurettiste).

Portrait de François Fénelon par Joseph Vivien

Portrait de François Fénelon par Joseph Vivien


Parmi ceux qui ont vécu à Cambrai, y sont morts, ou y ont joué un rôle important, il faut citer :

Villard de Honnecourt architecte du XIII siècle
Pierre d’Ailly (Compiègne 1351 - Avignon 1420), évêque de Cambrai de 1397 à 1411.
Enguerrand de Monstrelet (vers 1390 - mort à Cambrai en 1453), auteur des Chroniques de Monstrelet.
Guillaume Dufay (né à Cambrai ? vers 1400 - mort à Cambrai en 1474), compositeur.
Érasme, en 1493 secrétaire de l’évêque de Cambrai
Jeanne Le Franc, mère de Jean Calvin, fille d’un tavernier de Cambrai, décédée en 1515.
François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651-1715), homme d’Église, théologien et écrivain. Nommé archevêque de Cambrai en 1695, il y réside après son bannissement de la cour en 1699.
Joseph Le Bon (1765-1795), envoyé du Comité de salut public, fit régner la Terreur à Cambrai.
Pierre Leprince-Ringuet (1874-1954), architecte de la reconstruction après la Première Guerre mondiale.
Guillaume Dubois (1656-1723), aussi connu sous le nom de cardinal Dubois, mérite une mention spéciale : nommé archevêque de Cambrai, il ne mit jamais les pieds dans cette ville.

Spécialités gastronomiques


Les deux spécialités gastronomiques cambrésiennes les plus conuues sont l’andouillette de Cambrai, charcuterie traditionnellement fabriquée à base de fraise de veau (laquelle est aujourd’hui interdite par les règlements européens), dont la confrérie associée est l’une des plus représentatives de la région, et surtout la bêtise de Cambrai, bonbon enrobé de menthe qui est l’une des spécialités gourmandes les plus emblématiques de France.
La gastronomie cambrésienne compte aussi d’autres spécialités moins connues : tripes, pâté de foie aux prunes, lièvre aux raisins, hochepot de perdrix à la purée de lentilles, mais aussi la boulette de Cambrai, fromage blanc aux fines herbes, et la tomme de Cambrai, ou encore les biscottes et le « pain crotté » (sorte de pain perdu)

Manifestations culturelles



Les Féodales.
Le festival de musique classique Juventus. Ce festival attire chaque année un plateau de musiciens renommés et s’impose comme l’un des plus grands festivals de France en matière de musique classique aux côtés d’autres comme celui d’Aix-en-Provence.
La fête du 15 août, grande fête foraine sur la place Aristide-Briand (place de l’Hôtel de ville) pendant une dizaine de jours. La journée du 15 août est ponctuée du traditionnel défilé des géants Martin et Martine, symboles de la cité.
BetiZFest : festival de musiques alternatives.

Cambrai dans la littérature



Ernst Jünger dans Orages d’acier, consacré à la Première Guerre mondiale, décrit ainsi Cambrai en 1917 :


« Cambrai est une petite cité paisible et somnolente de l’Artois (sic), au nom de laquelle s’attachent bien des souvenirs historiques. Des ruelles étroites et vieillottes courent en dédale autour de l’énorme hôtel de ville, des portes rongées par les siècles et des nombreuses églises, dont l’une, la plus grande, a vu prêcher Fénelon. Des clochers pesants se dressent au milieu d’un fouillis de pignons pointus. De larges avenues mènent au jardin public, bien entretenu, qu’orne un monument à Louis Blériot.
Les habitants sont gens tranquilles et cordiaux, qui mènent dans leurs grandes maisons, simples d’apparence, mais richement meublées, une existence toute de bien-être. La petite cité est surnommée avec raison « la ville des millionnaires » car juste avant la guerre, on y comptait quarante de ces Crésus.
La grande guerre arracha ce trou de province à son sommeil de Belle au bois dormant et le mua en foyer de luttes gigantesques (…) »



Les rues de Cambrai ont servi de décor au Sang noir, une fiction de 90 minutes tournée du 7 mars au 6 avril 2006 par la filière Production de France 3 Lille, basés sur le roman du même nom de Louis Guilloux qui se déroule en 1917 dans une petite ville loin du front.
Le Tour de Gaule d’Astérix de René Goscinny et Albert Uderzo fait étape à Camaracum (Cambrai) : Astérix et Obélix y achètent des bêtises.

Aux environs de Cambrai



L’abbaye de Vaucelles (13 km)
L’archéo site de Les Rues-des-Vignes (10 km)
Le château d’Esnes (11 km)
Les étangs de la Sensée (13 km)
Le musée de la dentelle de Caudry (15 km)
Le musée Matisse du Cateau-Cambrésis (24 km)
Le Touage souterrain de Riqueval (28 km)

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