Administration
L’hôtel de ville, inauguré en 1932
Cambrai est le chef-lieu de l’un des six arrondissements du Nord. L’actuel sous-préfet de Cambrai est M. Alain Rousseau, nommé par décret en date du 31 août 2007.
Cambrai est divisé en deux cantons : le canton de Cambrai-Est (22 942 habitants en 1999) et le canton de Cambrai-Ouest (39 821 habitants en 1999).
Depuis le 22 décembre 1992 Cambrai est le siège de la communauté d’agglomération de Cambrai. La ville adhère également aux structures intercommunales suivantes :
Syndicat intercommunal d’assainissement de l’agglomération cambrésienne (SIAC)
S.I.V.U. « Scènes mitoyennes Cambrai Caudry »
S.I.V.U. « Murs mitoyens »
Syndicat intercommunal d’électricité du Cambrésis (SIDEC)
Syndicat Mixte du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) du Cambrésis (via la communauté d’agglomération de Cambrai)
Syndicat mixte pour la valorisation du Haut-Escaut (via la communauté d’agglomération de Cambrai)
Cambrai a fusionné avec la commune de Morenchies en 1971.
Tendances politiques
Dans l’ensemble le vote à Cambrai est peu différent du vote national, mais le taux d’abstention y est souvent plus élevé: par d’exemple il était de 34,86% au référendum de 2005 (contre 30,63%); 22,07% au premier tour de l’élection présidentielle de 2007 (contre 16,23%); 38,13% au 1er tour des élections législatives de 2002 (contre 35,58%).
Les électeurs cambrésiens semblent plus circonspects vis-à -vis de l’Union européenne: le référendum sur la ratification du traité sur l’Union européenne de 1992 a été rejeté par à 53,35%, alors qu’au niveau national il était approuvé à une courte majorité de 51,04%. En 2005 le projet de loi portant sur la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe était rejeté plus largement encore à Cambrai (59,8% de « non ») qu’au niveau national (54,67%).
À l’élection présidentielle de 2007 les résultats du 2ème tour sont très proches des chiffres nationaux: 54,07% pour Nicolas Sarkozy et 45,93% pour Ségolène Royal, contre respectivement 53,06% et 46,94% au niveau national. Au 1er tour Jean-Marie Le Pen obtenait un résultat un peu meilleur à Cambrai (13,28%) qu’en France (10,44%), tandis que François Bayrou était dans la situation inverse (16,77% contre 18,57). Arlette Laguillier (2,02%) et Olivier Besancenot (4,77%) étaient les seuls autres candidats à dépasser 1,5%. Au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002 Jacques Chirac arrivait largement en tête à Cambrai comme dans le reste du pays mais le score de Jean-Marie Le Pen y était plus élevé (21,11% contre 17,79%).
Aux élections législatives de 2007 François-Xavier Villain, candidat apparenté UMP et maire de Cambrai, obtenait 57,42% dès le premier tour (48,03% dans la circonscription). De ce fait tous les autres candidats étaient en-dessous du pourcentage national de leur parti, par exemple le Parti Socialiste à 22,91% contre 24,73%, le Parti communiste à 3,10% contre 4,29% ou l’UDF à 6,21% contre 7,61%. Le recul du Front national était aussi marqué à Cambrai (4,14%) qu’ailleurs (4,24%). On retrouve une situation proche aux élections de 2002.
Au plan municipal, Cambrai, après avoir constamment réélu un maire SFIO de la libération à 1977 en la personne de Raymond Gernez, est administrée depuis par des maires RPR ou apparenté UMP: Jacques Legendre jusqu’en 1992 puis François-Xavier Villain. Ce dernier a été élu député de la 18 circonscription du Nord le 16 juin 2002 et réélu le 26 juin 2007.
Fiscalité locale
Le taux de la taxe d’habitation, à 22,98% en 2006 (inchangé depuis plusieurs années), est supérieur à la moyenne départementale (15,95%) mais inférieur à celui de la plupart des villes de taille comparable dans la région: par exemple il était la même année de 30,07% à Maubeuge, de 34,22% à Valenciennes, de 30,56% à Villeneuve-d’Ascq.
Le taux de la taxe professionnelle, perçue dans le cadre de la Communauté d’agglomération de Cambrai, était à peine supérieur en 2006 à la moyenne départementale, avec 14,18% contre 13,94%. Ce taux était là encore inférieur à la plupart des autres villes: Armentières 25,56%, Maubeuge 17,35%, Douai 14,11%, Villeneuve-d’Ascq 25,72%. Il faut noter que Cambrai n’arrive qu’en 24 position dans le département pour la base nette de cette taxe.
Quartiers
Cambrai est divisée en sept quartiers : Amérique, Cantimpré, Martin-Martine, Saint-Druon, Saint-Roch, Victor-Hugo et Faubourg de Paris.
Jumelages
Houma (Louisiane) (États-Unis)
Châteauguay (Canada)
Kamp-Lintfort (Allemagne) depuis 1989
Gravesend (Royaume-Uni) depuis 1989
Esztergom (Hongrie) depuis 1992
Pouchkine (Russie) depuis 2002 (partenariat avec la communauté d’agglomération de Cambrai)
Kantchari (Burkina Faso) (partenariat avec la Communauté d’agglomération de Cambrai)
Cieszyn (Pologne) depuis 2007
Industrie et services
Cambrai est le siège de la Chambre de commerce et d’industrie du Cambrésis. En avril 2007, celle-ci a décidé de fusionner avec la Chambre de commerce et d’industrie d’Arras, décision remise en question le 4 octobre 2007 par le ministère de tutelle des chambres de commerce et d’industrie.
Exemple du développement de l’industrie agroalimentaire au XIX siècle, la sucrerie d’EscaudÅ“uvres, réputée la plus grande d’Europe
Histoire économique
Dès le Moyen Âge Cambrai est à la fois un marché agricole pour sa région, qui produit surtout des céréales et de la laine, et un centre de tissage (drap, guède, toile, lin, mollequin). Cette double vocation persistera longtemps. La draperie décline à la fin du XIII siècle mais elle est remplacée par la batiste, spécialité de la ville, qui connaît sa plus grande vogue au XVII siècle. La production fléchit à son tour au siècle suivant, mais en 1775 on compte encore 58 000 pièces de batiste marquées à Cambrai.
L’activité économique décline sous le Premier Empire en raison des guerres et du blocus anglais. Au XIX siècle le textile reste l’activité dominante de la ville, avec 1189 ouvriers en 1848. La batiste fait l’essentiel du commerce cambrésien avec d’autres productions telles que le savon ou le sel de mer raffiné. Des industries agroalimentaires se développent: brasserie, chicorée; la bêtise de Cambrai est inventée en 1850.
Au XIX siècle la ville s’industrialise peu, surtout si on la compare à ses voisines. Les édiles municipaux refusent souvent l’installation de nouvelles usines, au nom de l’insalubrité ou du manque d’espace. Toutefois, selon le recensement de 1886 l’industrie fait vivre plus de 9000 personnes, alors que l’agriculture n’en emploie plus que 2000. La ville développe surtout sa fonction commerciale : au début du XX siècle la succursale de la Banque de France de Cambrai occupe le 12 rang en France.
Après la Deuxième Guerre mondiale la reconstruction stimule l’industrie du bâtiment. Des entreprises nouvelles se créent à partir de 1950 : bonneterie, mécanique, menuiserie emploient plusieurs milliers de personnes, tandis que disparaissent des fabrications traditionnelles: chicorée, chocolat, brasserie et tissages. La crise économique, à partir des années 1970, dégrade sérieusement la situation de l’emploi.
Développements récents
Les zones et parcs d’activité de l’agglomération sont au nombre de quatre :
la zone industrielle de Cantimpré, au sud-ouest de la ville;
le parc Actipôle, en bordure de l’autoroute A2 à 2 km à l’ouest de Cambrai, offre une surface totale de 97 hectares. Complètement occupé, il est en cours d’extension;
la zone d’activités de Fontaine-Notre-Dame, à 1 km de l’autoroute A26, offre une surface totale de 75 hectares;
la zone d’activités de Cambrai-sud Proville, à 1 km au sud de Cambrai, sur la RN 44, en direction de Saint-Quentin, est consacrée aux surfaces commerciales sur une superficie de 40 hectares.
L’économie cambrésienne cherche à s’appuyer aujourd’hui sur trois pôles :
L’industrie agroalimentaire, qui tient encore une place importante dans l’économie de la ville (confiserie, sucrerie, laiterie etc.) en raison de la forte présence (80% de la superficie) de l’activité agricole (cultures céréalières et industrielles) dans l’arrondissement;
La logistique, qui bénéficie de la situation de Cambrai au cÅ“ur du triangle Londres-Paris-Bénélux et au croisement de deux autoroutes, tend à se concentrer dans la partie ouest de l’agglomération. Ainsi la totalité des 97 hectares de la zone d’activité « Actipôle Raillencourt » située à 2 km à l’ouest de Cambrai en bordure de l’autoroute A2 sont aujourd’hui utilisés, en partie par des entreprises de distribution, pour un millier d’emplois environ. Les extensions Actipôle 2 et 3 sont en cours de réalisation ou d’étude.
Le textile, surtout présent dans le reste de l’arrondissement (Caudry, Villers-Outréaux…) est représenté à Cambrai par la confection et le linge de maison. La région de Cambrai est associée à celles de Calais et de l’agglomération lilloise au sein du pôle de compétitivité Up-Tex, dédié aux produits textiles haute performance et à la customisation.
Les 5 principales entreprises de l’agglomération sont en 2007:
CMD : 446 salariés (engrenages et réducteurs)
Auchan : 427 salariés (grande distribution)
Cora : 323 salariés (grande distribution)
Cedilac Candia : 280 salariés (laiterie)
Cardon tradilinge : 218 salariés (linge de maison)
Le taux de chômage du Cambrésis était en septembre 2006 de 12,6% (Nord-Pas-de-Calais : 13,2 %, France : 9,8%)
Perspectives
La future liaison Seine-Escaut, dont la mise en service est prévue pour 2013, est aujourd’hui l’élément le plus prometteur en matière de développement économique pour la ville et la région de Cambrai. La plateforme d’activités multimodale de Marquion, à 10 km à l’ouest de Cambrai, devrait avoir pour vocation d’accueillir, sur 800 ha environ, des centres de logistique et de distribution européens et des industries de l’agro-alimentaire, dans le prolongement de la diversification des activités de l’agglomération de Cambrai. L’impact en terme d’emplois est estimé à 8 000.